Muriel Duf

Née le 11 novembre 1974, de parents profs ayant fait 68, bien entendu. Son père voulait l’appeler la Madelon, au grand désespoir de l'aïeule, puis s’est ravisé en empruntant le prénom soit à un film hyper chiant d’Alain Resnais, soit à une ex, moins glorieux déjà. Quant aux prénoms suivants, ils lui furent légués par sa mère en souvenir d’une grande amie morte d’hydrocution.

De 0 à 8 ans, vit en Normandie, où les jours sont pluvieux et gris, trop tristes à partir de 3 ans, ponctués de frères-soeurs qui restent ou disparaissent, studieux entre l'école et le Conservatoire, agrémentés par des clodos amoureux de nos chiottes-jardins à qui on ouvre sans avoir peur.

De 8 à 13 ans, vit au Maroc, enfance très dorée avec sa famille, plein d'amis, la mer, le soleil, le ski.... rien n’est vraiment grave et tout peut s’arranger. De 14 à 16 ans, découvre, toujours avec sa smala, le Congo Pointe-Noire, sa beauté sauvage, sa révolution et ses restrictions, ses comédies musicales, les soirées à 40 se terminant en boite avec les profs du lycée qu'on retrouve déjà à-la-case-des-profs le dimanche et où personne n'osera se pointer à moins des 5 mètres recommandés (sauf une qui avait des obus donc ça ne déplaisait à personne).

Retour en France, plus précisément Marne-la-Vallée qui à l’époque n’était qu’un coin de verdure entre deux ZAC, pour le bac de français, forcément c’est la catastrophe totale ! De multiples tentatives de concours en très nombreuses inscriptions à la fac, de guerre lasse, arrête ses études jamais félicitées et chope un emploi-jeune qui l’emmène sur Paris où prend son 1er appartement.

2000, découverte des NTIC, candidature spontanée peu orthodoxe mais embauche comme rédactrice pour un cityguide en ligne alors fuck l’Educ’ Nat’ ! Moins d’un an après et malgré une apparente stabilité promettant une belle prospérité, la boite devient start-down et aimerait qu’on parte, vite, tous, de notre plein gré, et sans faire d’histoires, sinon….

Adhésion à la CFDT qui ne fait ni ne nous promet rien sauf gueuler devant la Villette, donc contact sans même se syndiquer avec la CNT, plus efficace, tout d’un coup, plus offensive aussi, et joyeusement plus active lorsque quelques uns de ses membres entartent le Nettoyeur puis organisent la grève perlée qui vaudra un "tapage" sur les doigts de la B.A.C et des licenciements pour fautes légères, graves et lourdes.

Un peu de rédaction en agence de pub, vaguement, sur mac en plus, un exploit, lequel résidant surtout dans une facilité à claquer 4 G4 en 4 mois et, accessoirement à convenir au client mais pas à mes boss, pas pratique.

Puis plongée brutale dans le monde des centres d’appels de manger/boire/étudier presque institutionnels, de fournisseurs d’accès ou de rencontre amoureuse, un univers de hiérarchie toute puissante et de salariés tous petits qui ne deviendront chefs que s’ils trouvent grâce aux yeux de leurs chefs et s’ils savent, bien évidemment, écraser leurs camarades.

Entre deux esclavages incohérents, grosse maladie suivie de licenciement donc chômage pour n’avoir pas, avant séjour à l’hosto, répondu à un mail. 4 mois plus, tard, inspirée par l’amour, le romantisme, les déclarations et les autres qui s’y mettent aussi, conçoit un petit bonhomme avec son cher et tendre, qui naîtra, le bonhomme, le 25 janvier 2005 soit un mois après Noël, oui, on sait, il abuse !

« Eparses Fraguelures »©, dont le deuxième terme est un mot-valise rien que de mon fait, je vous prie, réunit « fragments » et « craquelures », et met en lumière l’esprit torturé, digressif et parfois poétique (mais sans rimes avec les pieds et tout ça, inculte je suis, etc...) de votre serviteuse et illustre, en gros (et pour, une fois de plus, essayer de faire court), les diverses joies, découvertes et cassures de ma vie d’adulte sans forcément trop dramatiser, enfin, tout en gardant, coûte que coûte, un esprit résolument positif. OUIIIII !

« Fraguelures », tout particulièrement, me faisait penser, pour mon titre « original & originel », à des petits copeaux de caramel dispersés, doux au goût mais durs au croquage (ce qui n’est pas pour m’arranger, comme en conviendront ceux qui me connaissent), comme se ressent souvent la vie quand on l’exerce intensément sans vouloir en rater une miette.