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  • Croisade féroce POUR le Méliès

    A la suite d'UGC, MK2 attaque le cinéma Méliès de Montreuil

    "MK2 s'était déjà rallié à UGC cet été pour faire carte illimitée commune. A eux deux, les mastodontes du cinéma trustent à présent 44 % des écrans parisiens et plus de 55 % des entrées. Mais cela ne semble pas combler leur appétit de domination puisqu'ils se retournent à présent contre les cinémas municipaux et salles "art et essai". Le groupe MK2 dirigé par Marin Karmitz vient en effet de se joindre au recours devant le tribunal administratif déposé par UGC contre le projet d'extension de 3 à 6 salles du cinéma municipal "Le Méliès" à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

    Et le rouleau compresseur UGC-MK2 ose fonder son recours contre le Méliès sur l'accusation de "concurrence déloyale" et d'"abus de position dominante" ! Qui peut croire sérieusement que Le Méliès, qui programme 85 % de films "art et essai" et totalise 200 000 entrées par an soit de nature à concurrencer le multiplexe de Rosny-sous-Bois avec ses 2,3 millions d'entrées ou le MK2 Nation et leur programmation standardisée et sans prise de risque ?

    A Noisy-Le-Grand, à Lyon, à Epinal, des salles indépendantes ou municipales ont été attaquées en justice par les vendeurs de pop-corn. La nouvelle alliance UGC-MK2 dans son désir hégémonique a bien pour enjeu de s'attaquer aux salles indépendantes et de faire pression sur le législateur pour qu'il libéralise entièrement le secteur de l'exploitation en contestant qu'une salle puisse obtenir des subventions de l'Etat et/ou des collectivités territoriales pour la qualité de sa programmation et de sa politique d'animation dans le champ de l'art et essai, pour maintenir des tarifs raisonnables assurant un réel accès démocratique à la culture ou pour son travail d'accompagnement des films en direction du jeune public. Au Méliès, 20 % des entrées se font dans le cadre de séances pour les scolaires. L'enjeu des deux circuits est donc bien d'inciter à une refonte du système d'aide français, jusqu'à présent fondé une logique de redistribution et sur un soutien à l'excellence et à la diversité, aussi bien pour la création que pour la diffusion des oeuvres. Au risque de porter atteinte à la pluralité des salles, donc rapidement au pluralisme des créateurs.

    Il est intéressant de rappeler que le Méliès appartenait jusqu'en 1986 à... UGC ! Pas assez rentable, il avait été brusquement abandonné par UGC et la ville avait dû assurer sa reprise. L'intérêt des grandes firmes pour le public montreuillois est donc bien soudain. De même MK2 a toujours refusé d'implanter des salles en banlieue. En 2005, le président de MK2 monsieur Karmitz avait refusé de louer au Méliès quatre copies de films de Claude Chabrol -en dépit de l'appui du réalisateur- sous prétexte que la location de ses films à une salle de banlieue risquait de "diluer l'événement" qu'il était préférable de cantonner dans le Quartier Latin...

    Dans un entretien aux Echos publié en février 2007, Marin Karmitz s'en était déjà pris aux salles Art et Essai en disant : "Les salles subventionnées devraient donner l'exemple", notamment en gardant les films plus longtemps à l'affiche et en les exposant mieux. C'est précisément l'enjeu central du projet d'extension du Méliès... que MK2 et UGC veulent désormais tous deux empêcher ! "

     

    Quelle hypocrisie, tout d'même, quand j'y pense ! Au lieu de fustiger le Méliès alors que les programmations sont vraiment différentes, UGC et MK2 devraient continuer de vendre leurs pop-corn et leurs films grand public, et serrer les fesses devant la concurrence, et fermer leur gueule au lieu d'aller chouiner dans le giron du tribunal administratif !

    Cette histoire me fait penser à l'Etat qui interdit de bosser le dimanche (bah ! L'est pas laïque, l'Etat ?) et s'en met plein les fouilles lorsqu'un commerce impudent ouvre le jour du seigneur. Faut pas se foutre de la gueule des gens, elle est où, la libre entreprise, dans ce cas ?

    Et, toujours dans le cas du MK2, j'ai lu que ce dernier avait porté plainte contre le patron du café "K" (156, rue du Faubourg-Saint-Martin, 10e), connu pour ses anim' de concerts de jazz manouche en plus du p'tit crème, pour cause de "contrefaçon de marque par imitation" et "concurrence déloyale" à son propre café "K". Parce que, voyez-vous, la lettre K appartient à M. Karmitz et son MK2 depuis 1998.

    Le café "K" a donc dû changer de nom pour "I" et perdre un peu de sa notoriété. Comme il est lancé, au lieu de s'attaquer à des lieux populaires, artistiques et sympas, pourquoi n'irait-il pas faire chier Sofitel et son café "Ké" à Bercy ? Parce que Sofitel c'est trop gros ? Ils sont potes, ils se cooptent et se prennent la bouche ?

     

    Le projet d'extension de 3 à 6 salles du Méliès de Montreuil prévoit en plus le déménagement de ces salles qui passeront d'un centre commercial déprimant et glauque à souhait où on ne va jamais près du métro Croix-de-Chavaux, au nouveau futur méga complexe dont la livraison est prévue pour 2010, au bout de ma rue. Oui, MA rue ! Ce qui veut dire que si nous tenons assez longtemps dans le coin, nous pourrons bientôt aller au ciné en 10 minutes aller-retour max. Enfin, encore faudrait-il que les mastodontes soient déboutés de leur répugnante requête.

    La pétition est disponible sur ce lien, si le coeur vous en dit, elle était à rendre le 18 octobre mais quelques signatures de plus ne feront jamais de mal.